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Opus 2

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La collection de Photographies des dimanches

Obtenue par appel à la population, présentée au musée de Grenoble du 16 au 30 Novembre 2005.

Une exposition d’échelles urbaine

Présentée dans les rues de la ville du 16 au 30 Novembre 2005

Edito

DOUZE ANS DE VIE
Avec l’espérance de vie moyenne que connaissent les Français aujourd’hui, la totalité des dimanches vécus par une personne représente 1/7e de son temps, soit12 années consécutives. C’est considérable. Imaginez des vacances qui durent 12 ans ! Oui mais voilà, chaque dimanche est séparé du suivant par les jours de la semaine. Et s’agit-il vraiment du même dimanche selon les périodes de la vie, selon l’entourage, selon l’état physique, mental ou affectif, selon les métiers, selon les pays ? Et puis qui a dit que le dimanche était un jour de vacances ?

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Ce qui semble vrai pour chacun, et depuis longtemps, c’est qu’il s’agit d’un jour à part, souvent plein de promesses, parfois d’espoirs déçus, de rencontres ou de solitudes, d’enracinements ou d’innovations. Comme un sas temporel dans la répétition des jours, comme une séquence de respiration ou d’angoisse, attendue ou redoutée. Choisir le dimanche comme thème du second numéro de Local.contemporainest le prétexte à rêver et à réfléchir à cette autre grande dimension de chacune de nos vies : le temps. Après l’espace abordé dans le numéro 1, nous avons souhaité questionner l’autre grand axe fondateur auquel nul n’échappe. Mais pour ne pas se faire submerger par le sujet, l’abordage prend le biais du jour de repos, du jour qui échappe à la loi du timing stressant et des actions obligatoires, du moins dans ses figures dominantes parce qu’au creux de cette brèche où se nichent plaisirs et traditions, se repèrent aussi d’autres pressions et d’autres servitudes. La conscience et les pratiques que nous avons du temps ont considérablement évolué au cours du XXe siècle. La vie humaine individuelle a connu un étirement majeur couplé à une démultiplication prodigieuse de ses rythmes. Ce double processus s’accélère sans cesse, générant des comportements diversifiés où se mêlent survivances archaïques et marqueurs de modernité. En occident, la longueur de la vie s’allonge, les repères biologiques changent, la durée de la vie de couple a triplé en cent ans, l’apprentissage s’éternise, le temps d’activité professionnelle se rétrécit, la retraite devient une épopée… En parallèle, les réseaux imposent leur impératif-présent, notre attention succombe à la tentation du zapping. Il faut faire de plus en plus court, de plus en plus vite. Les micro-temporalités nous mettent à leur service. Nous sommes toujours plus nombreux. Souvent à faire la même chose au même moment. Écartelés entre une idéologie farouchement individualiste et un grégarisme désarmant. Alors, que faisons-nous le dimanche ? Que deviennent nos quartiers, nos lieux de travail ou d’activités, nos foules pressées ? Tous ces lieux urbains qui se pavanent la semaine, sont-ils remplacés par d’autres ? Découvrent-ils un nouveau visage ? Leur vacance est-elle une démission ? Quels visages offre une nature devenant de plus en plus citadine ? Personne n’aurait l’idée de souhaiter « Bon mardi » ou « Bon vendredi ». La semaine le générique « Bonne Journée ! » suffit. Seul le dimanche possède ce privilège d’accéder à une adresse particulière. Signe de sa singularité, de son histoire et des multiples épisodes qu’il met en scène et que ce numéro vous invite autant à retrouver qu’à découvrir. Bon dimanche ! Une initiative de laboratoire sculpture urbaine en partenariat avec la Conservation du Patrimoine de l’Isère, le Musée de Grenoble. Avec les soutiens du Ministère de la Culture / Direction de l’Archiecture et du Patrimoine, du Conseil Général de l’Isère, de la Métro, de la Région Rhône Alpes, de la Ville de Grenoble, de la Ville de Saint Martin d’Heres, et le concours du Dauphiné Libéré.

LA VILLE SONNE LE DIMANCHE!

Cinq chroniques recomposées des dimanches 2005
Compositions Xavier Garcia (durée totale 33,25) / Prise de sons Jean-Pierre Sarzier
Existe-t-il un son de ville, un local qui ne serait pas commun à toutes les villes ? Et un son le septième jour différent des autres jours de la semaine ?
Quelque part entre le relevé méticuleux de l’activité acoustique d’une ville le dimanche et la composition abstraite d’atmosphères et d’images acoustiques.
On oscille entre le réel et le surnaturel, le réaliste et le surréaliste sans jamais vraiment s’installer dans l’un ni dans l’autre. Une “phonographie” de ville.

Jardin de Ville (5’10)

Début d’après-midi au “jardin de Ville”, kermesse au bénéfice de la Croix-Rouge, numéros gagnants ou perdants, jeux traditionnels en bois, jeu de massacre fait de boîtes de conserves, patins, hockey sur rollers…et un personnage qui s’invite au micro… voilà les éléments à peine bousculés, légèrement déplacés et re-sculptés pour ce petit opéra de jardin.

La Messe (7’32)

Du marché de la place St Bruno on entre à l’église. Transe douce de la répétition, surplace hypnotique de l’orgue…

La partie de Boules (4’04)

Un terrain de boules près de la rue du général Mangin. Sons des boules, commentaires des joueurs… les images acoustiques se troublent, se figent, basculent dans un hors champ surnaturel qui s’évanouit aussitôt pour revenir capter l’instant suivant et recadrer à nouveau la scène. Légers étourdissements, absences passagères…, puis les deux mondes coexistent presque tranquillement.

Marchés (7’45)

C’est croustillant ce qui se dit, se chante, se hurle sur les marchés…! Une compilation donc, de différents lieux de marché (marché de l’Estacade, brocanteurs à Sassenage, déstockeurs de la place Saint Bruno…). Pendant ce temps, à l’intérieur, un jeune chanteur répète au calme avec d’improbables choristes. Comme le dit la chanson, “what a wonderful wolrd” !

Manèges (8’47)

Saute-mouton entre l’univers d’un parc (toboggan, tourniquet…) et celui de la vogue (machines à sous, ramdam des manèges, et pauvres effets sonores, …). Pour l’anecdote, “Allez, pas de beignets, Mimie la grosse souris (Minie ?), allez encore une, envoyez la patronne, enc…encore, encore…”(sic) est livrée sans montage….

Texte original de…

Il n’y a plus de dimanche possible !
Un entretien avec Bernard Stiegler

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Aujourd’hui, suis-je de trop ?
Je suis comme un voyageur égaré qui se serait trompé de pays et qui n’entendrait pas la langue de ses habitants
Pierre Sansot

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Les nouveaux habits du dimanche
Le dimanche apparait désormais comme le jour de l’infinité des possibles
Jean-Yves Boulin

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